«Bordel» de cabaret

 

Préambule

 

Dans les années 20, en ce temps d’après guerre qui suivrait un autre d'avant-guerre, entre deux bouleversements important qui s’effectuait dans le monde. Un jeune homme dans la vingtaine à l'allure un peu négligé qui cherchait un endroit pour assouvir sa soif et dormir une bonne nuit, Qui sans le savoir allait lui aussi vivre deux chambardement dans sa vie.

 

À voir ses traits tirés, on pouvait présumer qu'il y avait déjà plusieurs jours qu’il n’avait pas pu se reposer ni manger un bon repas. Rien ne laissait entrevoir le passé du jeune homme, mais il voyageait léger avec un vieux sac en bandoulière.

 

On lui avait recommandé un endroit dans une petite ville sur la côte Ouest du Québec. Il pouvait reconnaitre cet endroit par une petite lumière rouge sur le côté de la porte. Lorsqu'elle était allumée, cela signifiait que l'endroit était sécurisé.

 

Aussitôt qu'il ouvrit la porte du petit bar clandestin, il fut accueilli de façon très familière par plusieurs femmes vêtues de tenues très légères. Son regard fût immédiatement attiré par une jeune femme qui se tenait à l’écart. Elle possédait une chevelure noire azur et un regard à désarmer une armée entière. Deux mots furent entendus ce soir-là; lui, Quentin et elle, Rita. Leur avenir était scellé à jamais. Le temps semblait avoir ralenti sa course pour permettre à ces deux entités de vivre l'unique et le légendaire coup de foudre.

 

Rita n'était peut-être pas une jeune fille pure de sa vertu, mais son cœur était sincère et honnête. Quentin n'était pas non plus sans reproche, mais il possédait un courage inébranlable et une grande fierté. Ils unirent leurs vies contre vents et marées.

 

Pendant vingt-cinq ans, ils parcoururent le pays en quête d’un endroit où enfin poser leur grabat. Malgré l’immense amour qu’ils avaient l’un envers l’autre, ils n’eurent pas d'enfant. La vie en avait décidé autrement.

 

Pour fêter leur vingt-cinquième anniversaire de vie commune, ils décidèrent de retourner visiter le village qui les avait unis pour la vie. Lorsqu'ils passèrent devant le petit bar clandestin, ils remarquèrent qu'il avait été laissé à l'abandon depuis quelques années. Une idée vint à Rita : «Si on l’achetait!» Quentin était déjà entré à l'intérieur pour constater l’état des lieux. Deux semaines plus tard, ils étaient les heureux propriétaires du petit bar. Les deux semaines suivantes furent utilisées pour la transformation du petit bar en cabaret. Le cabaret serait de vertu respectable.

 

Avec le temps, le Cabaret au vieux BarRiQue devint un lieu incontournable dans toute la région. La réputation de l’endroit s’étendit même à l’extérieur du Québec et son nom était sur toutes les lèvres. Au fil des années, les employés devinrent les enfants que le couple n’avait jamais eus. Ils formaient maintenant une grande famille. Les années s’écoulèrent dans le bonheur.

 

Quentin avait pris l’habitude de surnommer Rita «Rose». Il lui répétait qu'elle était comme la plus parfaite des fleurs. Pour souligner son amour, Quentin lui apportait une rose rouge mi-ouverte tous les matins sans exception, peu importe les intempéries. Il lui disait qu’elle s'ouvrirait comme l’amour qu’il avait pour elle tout au long des heures qui passeraient dans la journée. À plusieurs reprises, Rita chercha à savoir d'où venaient ces roses, surtout les jours de grand froid. Quentin aimait entretenir le mystère, le secret resta donc toujours caché. Jour après jour, les amoureux s’envoyaient des baisers discrets ou des clins d’œil sous le regard amusé de leur dynastie. L’amour qu’ils se vouaient était inébranlable.

 

Un jour, Quentin remarqua que Rita traînait une mauvaise toux depuis plusieurs semaines. Il insista à plusieurs reprises afin qu’elle prenne rendez-vous avec son médecin pour se faire soigner. Le médecin annonça à Rita qu'elle était atteinte d'un mal agressif, incurable et malheureusement déjà très avancé.  Les dernières semaines, Quentin resta au chevet de Rita jour et nuit. Ils avaient confié la gérance du cabaret à Isidore, un ami de longue date du couple. Quand le jour fatal arriva, Quentin tomba dans une grande tristesse, aussi profonde qu’un gouffre sans fond. Il avait dit à Rita, avant son grand départ, qu'il vendrait tout car, sans elle, il avait peur de ne pas y arriver. Rita lui avait fait promettre d'attendre un an avant de prendre une décision définitive.

 

Ce qui rendait unique le Cabaret au vieux BaRiQue était son côté variété et la diversité des numéros qui y étaient présentés. Mais l'année qui suivit la mort de Rita, le Cabaret était devenu semblable à tous les autres cabarets sans âme. Cela provoqua une baisse considérable de la clientèle. On n'y retrouvait plus la magie de la fête qui s'y dégageait autrefois soir après soir. L'atmosphère y était plus lourde et triste. Les employés étaient restés et ils étaient très respectueux du deuil que vivait Quentin. Ils étaient au courant de la promesse entre Rita et Quentin d’attendre un an avant de prendre une décision à propos de la vente du cabaret.

 

Un an était maintenant passé, Quentin voulut marquer  le coup en invitant un artiste de l'heure. Il devait annoncer sa décision à ses employés qu’il considérait comme sa propre et seule famille.

A suivre...